Antoine et Rose

Alors que nous cherchions un refuge pour la nuit, nous avons croisé un moine qui rentrait au prieuré et qui en voyant le bébé nous proposa le souper et un gîte pour la nuit. Dormir le ventre plein sous un toit est un luxe que nous ne pouvons refuser au saint homme. Dieu essaierait-il de se racheter des tourments que nous vivons depuis maintenant trop longtemps ?

Pour la nuit, je suis seul dans une cellule, Rose est avec Antoinet dans une autre aile du bâtiment.

La nuit et douce, agréable mais le contacte de la peau de mon amour me manque et j’ai bien du mal à trouver le sommeil, qui fini par m’emporter alors que la nuit et bien avancée.

Je suis réveillé au son de l’appel de la Prime et retrouve ma Rose, fraîche d’une bonne nuit de sommeil dans la salle commune où les moines nous servent un solide déjeuner.

La route vers le sud m’apparaît de plus en plus providentielle, et si en plus ce Dieu auquel je ne croyais plus commence à nous faciliter l’existence, tous les espoirs nous sont permis.

Nous reprenons notre chemin après de nombreux remerciements à nos hôtes.

A peine avons-nous fait quelques pas que nous tombons nez à nez avec quatre gens d’armes qui semblaient nous attendre.

Maudis soit-il ce dieu !

Nous ne pouvons pas fuir, ni nous battre. Pas avec un bébé.

Nous n’avons pas encore bougés que déjà ils m’entravent les jambes et les bras avec des fers.

Qui nous a trahit ? Les moines ? nous n’avons vu qu’eux ! Maudits soient-ils aussi tous autant qu’ils soient !

Nous sommes traînés de force.

Les têtes des villageois se tournent vers nous pour mieux nous défier de leurs moqueries.

J’ai honte, non pas de me faire moquer, ni même de m’être fait prendre, las de cette fuite j’en serais presque soulagé si je n’avais pas peur de perdre mon fils et mon amour, non, j’ai honte d’avoir cru que tout aller s’arranger !

C’est sans ménagement qu’ils nous jettent dans un cachot sombre et puant.

Des heures se passent avant qu’ils ne viennent chercher ma Rose et le bébé.

Puis c’est mon tour, je ne sais pas où est Rose, où est Antoinet. Chaque fois que je m’en inquiète, je prend un coup dans les côtes.

 Un brigadier m’assoie rudement sur une chaise sans me soulager de mes entraves.

-         « nous, ici, on aime pas les étrangers, surtout les voleurs ! »

Je ne comprends rien à aux propos de l’homme.

-         « qui tu es mon gars ? Qu’est-ce que tu viens faire chez nous ? »

Que lui répondre ? Que je suis un déserteur ? Que je suis recherché ?

Qu’a répondu ma Rose ?

Je préfère me taire, quelques bosses et bleus valent mieux qu’une balle dans la tête.